L'Ecole d'aujourd'hui, c'est l'école de demain

 

Idées | Dans cette école élémentaire parisienne, le maître mot, c'est la “coéducation”. Travailler main dans la main avec les parents, le secret de sa réussite.

Le
Weronika Zarachowicz - Télérama n° 3372

Ecole Aujourd'hui à Paris.
Ecole Aujourd'hui à Paris. - Photo Stéphane Doulé/les pieds dans la France pour Télérama

Ce matin de juin, la petite cour de l'Ecole aujourd'hui, dans le 14e arrondissement de Paris, résonne des courses et des rires enfantins. Comme dans n'importe quelle école primaire, excepté ce détail : les portes de l'école — et des classes ! — sont grandes ouvertes aux parents venus déposer leurs enfants. « En France, les parents restent souvent à la porte de l'établissement, la notion d'accueil n'est pas pensée, constate Cécile Primot, la directrice. Cette scission nous a toujours paru étrange, car l'enfant ne vient pas de nulle part, ce n'est pas une page blanche. Notre démarche consiste à accueillir cette histoire, et à travailler ensemble pour le bénéfice du bien-grandir, du bien-vivre de l'enfant. » Ecole privée laïque sous contrat, fondée en 1975 par des enseignants qui voulaient « une autre école, plus ouverte, et gérée de façon collégiale par les enseignants », l'Ecole aujourd'hui (1) pratique la « coéducation » depuis toujours, avec au coeur de son projet pédagogique, le triangle enfant-enseignants-parents. « Ce projet ne fonctionnerait pas sans les parents, insiste Nathalie Perrin, enseignante en CE1, une école est une microsociété, où chacun a son rôle, son statut, sa spécificité. C'est une culture et un climat à construire en commun. » Les parents sont à l'unisson. « Cette relation tripartite repose sur un partenariat, à l'inverse de ce que nous avions connu jusque-là, où l'on avait l'impression que l'école avait peur des parents... », dit Sylvie Santucci, qui y a trouvé « une nouvelle relation, confiante et ouverte, à l'institution scolaire. » Ici, pas question pour les parents d'empiéter sur le domaine des enseignants, mais le dialogue est de rigueur. « Notre présence dans l'école doit être bienveillante, précise Isabelle Gaudefroy, vice-présidente de l'Association des parents d'élèves (APE). Je comprends que les enseignants se crispent quand les parents sont dans la revendication. »

“L'enfant est pris dans sa globalité,
et pas juste comme un élève”
Un parent d'élève

A l'Ecole aujourd'hui, il n'y a ni notes ni livret scolaire. « Pour suivre la progression de l'enfant, il faut être en lien avec l'enseignant, dit une autre maman, Sascha Hartmann. Via des rendez-vous "institutionnalisés", deux à trois fois par an, et beaucoup de rendez-vous informels, quand on dépose nos enfants. » Ultra impliqués, les enseignants sont formés à la communication avec les parents. « C'est d'autant plus important, dit Cyrille de Ponteves, père de deux garçons, que l'enfant est pris dans sa globalité, et pas juste comme un élève : ne pas parler seulement des résultats scolaires de l'enfant peut être difficile pour l'enseignant, et pas toujours facile à entendre pour le parent. » Une charte de partenariat entre « les acteurs de la communauté éducative » — enfants, parents et enseignants —, pensée collectivement, définit la place de chacun. Et « l'huile » relationnelle, indispensable, irrigue l'école. Les parents font eux aussi leur « rentrée », grâce à un système de parrainage par les parents déjà présents, pour connaître l'équipe et le fonctionnement. L'APE, très active, gère la garderie en recrutant des animateurs et en impliquant les parents (chaque parent doit faire deux heures de garderie par enfant et par an), organise aussi un ­ciné-club, une « boum » des parents... Chacun est invité à participer selon ses envies et moyens, par exemple dans le journal de l'école coréalisé par tous ou divers projets pédagogiques. « Symboliquement, l'école me fait penser à une grande boîte à idées, dit Sascha Hartmann, où les familles sont invitées à transmettre — leurs professions, leurs passions, leurs cultures... »

Ainsi, c'est possible une école où les enfants, et les parents, sont heureux ? « En France, le discours humanisant est de plus en plus prégnant, beaucoup d'enseignants s'inscrivent, individuellement, dans cette démarche, mais il y a peu d'expériences concrètes, estime Séverine Quesniaux, enseignante en CM1. La chance qu'on a, c'est qu'on s'est tous choisis pour travailler en équipe, dans la même direction. » Parents y compris, qui ont tous adhéré au projet en optant pour cette école. Un doux rêve accessible à 140 familles privilégiées ? Certes, mais l'expérience est transposable ailleurs, insiste l'équipe. Le Québec l'expérimente déjà à grande échelle et avec succès, avec le réseau des Ecoles publiques alternatives. A quand en France ?o

 

(1) L'Ecole aujourd'hui fait partie de l'Association nationale pour le développement de l'éducation nouvelle (Anen), qui travaille sur des démarches pédagogiques et éducatives novatrices : www.anen.fr
  

4 10 /04 /Avr /2014 17:14

 

 

 

 

 

 

 

Les résultats obtenus dépendent directement d’une recherche menée depuis 3 ans en pédagogie, sciences cognitives et linguistique (voir ci-après). Ils s’inscrivent donc dans le cadre d’un protocole précis, en cours de modélisation. Par conséquent, les résultats de la classe ne présagent en aucun cas des résultats de classes ou d’écoles dites "Montessori", dont le cadre théorique et pédagogique diffère.

Trois grands médecins – Jean Itard, Edouard Séguin puis Maria Montessori – ont, l’un après l’autre, posé les jalons successifs d’une recherche pédagogique basée sur l’observation de l’enfant. La proposition qui en découle, fruit d’un siècle de recherche empirique, voit aujourd’hui ses postulats validés par la recherche scientifique et trace ainsi les contours d’un nouvel environnement pour l’école maternelle.

Depuis septembre 2011, nous expérimentons les grands axes théoriques de cette proposition au sein d’une classe d’une école maternelle publique de Gennevilliers, en Zone d’Education Prioritaire et Plan Violence, avec le soutien de la Direction Générale de l’Enseignement Scolaire (DGESCO).

Dès la première année, les enfants ont assimilé spontanément, avec facilité et enthousiasme, les apprentissages proposés de façon sensorielle et progressive. Les tests scientifiques réalisés auprès des enfants l’ont confirmé. Lire, écrire ou comprendre les concepts clés des mathématiques sont des conquêtes rapides et heureuses.

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Ces résultats extrêmement positifs ont été obtenus grâce à un apport pédagogique et théorique concret. Nous avons en effet :
   - Structuré et renforcé la proposition en la mettant en lien avec les sciences cognitives ;

   - Adapté le matériel de langage afin de permettre un apprentissage spontané de la lecture.

Développement des compétences cognitives

Dès la première année, les résultats ont dépassé nos attentes ! Les tests, réalisés par le CNRS de Grenoble, indiquent que tous les enfants progressent plus vite que la norme. Ils l’ont par ailleurs largement dépassée en conscience phonologique, compréhension du nombre, précision visuo-motrice, et ont augmenté de façon spectaculaire leur mémoire de court terme. Les enfants de Moyenne Section avaient tous, dès la fin de la première année scolaire, au moins un an (voire deux) d’avance en lecture.

Développement des compétences émotionnelles et sociales

Le travail et le suivi sont individualisés toute la journée, ce qui permet à l’enseignant de cibler les besoins spécifiques de chaque enfant et d’y répondre au bon moment. Cette individualisation favorise le développement de la personnalité et des potentialités de chaque enfant et permet d’éviter les situations d’échec. Tous les enfants sont placés en situation de réussite.

Par ailleurs, nous ne constatons pas de compétition entre les enfants ; mais plutôt une émulation de groupe encouragée par la mixité des âges (3, 4 et 5 ans) et par les objectifs ambitieux que les enfants se fixent (et atteignent). La collaboration, le tutorat et l’entraide spontanés prennent le pas sur la comparaison et la compétition. La dynamique de groupe est vertueuse et respectueuse des différences de chacun.

De leur côté, les familles ont rapidement noté chez leur enfant une capacité nouvelle à se concentrer, une autonomie importante, des relations sociales apaisées, de l’autodiscipline, ainsi qu’une envie irrépressible de se rendre à l’école, même malades ! Dans un tel environnement, les enfants développent curiosité, volonté, créativité, confiance et estime de soi.

Témoignages des parents (6 minutes)

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Modélisation

Ces résultats extrêmement positifs nous indiquent donc qu’une démarche éducative basée sur les lois intérieures du développement de l’enfant, peut avoir un impact réel sur la lutte contre l’échec scolaire et l’illettrisme, mais également sur le développement de qualités humaines telles que la générosité et l’empathie, ainsi que sur l’acquisition de comportements sociaux positifs comme la coopération et l’entraide.

Notre objectif est maintenant de modéliser cet environnement pédagogique pour le rendre duplicable. Encouragée par les résultats de la classe de Gennevilliers – validés par des tests réalisés notamment par des chercheurs du CNRS – une équipe pédagogique et scientifique s’est formée pour accompagner Céline Alvarez dans son travail de modélisation.

Si vous voulez être

Heureux, Soyez le.


Osez être qui vous êtes


Osez la Liberté