Compas-raison et con-pas raison


Que je me compare à un génie et je me sens minable. Que je me compare à un minable et je me sens un génie. Que le minable ou le génie existent, en eux-mêmes, n’a pas de sens ici. Ils ne sont que des étalons par rapport auxquels je construis ma valeur. Comme il m’est simple alors de réussir mon malheur – ou mon bonheur. Je trouverai toujours « mieux » que moi ou « pire » que moi. Cela ne dépend que de moi. Quel repos aussi ! Puisque j’ai le choix et que je suis le seul à en décider.
Comparer, comme son étymologie (cum-pare) l’indique, c’est « mettre en paire », apparier, mettre en regard des objets, des personnes, des idées… pour distinguer des similitudes ou des différences. Dans le cas ci-dessus, je compare ce que je suis/ce qui est, avec ce que je devrais être/ce qui devrait être. Et l’éducateur, notamment, ne s’en prive pas : il compare ce qu’est son éduqué avec le modèle qu’il souhaite pour cet éduqué. C’est même son travail : conduire l’éduqué vers le modèle attendu, mesurer (voire chiffrer) et réduire l’écart entre ce qu’est l’éduqué et le modèle. J’apprends ainsi, par l’éducation, à être comparé, à me comparer… À faire mon malheur ou mon bonheur, mais surtout à les faire dépendre d’une référence et d’une instance extérieures à moi-même. Que j’en aie conscience ou pas, ainsi con paré, je suis alors paré des atours du minable ou du génie.
Mais comparaison n’est pas raison3 – con : pas raison

 

 


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Si vous voulez être

Heureux, Soyez le.


Osez être qui vous êtes


Osez la Liberté